Bandundu : les médias pour la redevabilité des institutions provinciales

Les journalistes de Bandundu-ville, chef-lieu de la province du Kwilu ont pris part à un atelier organisé par l’Observatoire de la Liberté de la Presse en Afrique (OLPA) sur le rôle des médias dans la consolidation des institutions transparentes et efficaces en République démocratique du Congo (RDC). L’atelier a eu lieu, le 19 mai 2021, à la salle des conférences de l’hôtel Lenko de la commune de Basoko à Bandundu-ville. A cette occasion, Mme Chancelle Nsingi Bamenga, secrétaire exécutive intérimaire de l’OLPA, a expliqué dans son allocution de bienvenue que cette activité s’inscrit dans le cadre du projet intitulé : « renforcement des capacités des médias indépendants en République démocratique du Congo» qui bénéficie de l’appui de la Fondation nationale pour la démocratie (NED), à qui elle a réitéré ses remerciements. Elle a rappelé que la presse en tant que quatrième pouvoir, doit jouer un rôle actif et ouvert notamment en donnant une bonne information et ainsi contribuer à la consolidation d’institutions plus transparentes et efficaces. M. Zephyrin Muma Ngomuzeyi, ministre provincial en charge de la Communication et Médias du Kwilu a donné le go de cet atelier, estimant que l’initiative de l’ONG OLPA est à saluer par les professionnels des médias du Kwulu, où les organes de presse sont appelés à jouer un rôle non négligeable pour accompagner les Gouvernements national, provincial et d’autres institutions du Kwilu à matérialiser la vision des dirigeants à savoir : le bien-être des congolais. « Le thème de ces assises est plus qu’interpellateur car les journalistes  réunis en ce lieu, ont la lourde responsabilité de contribuer à la consolidation des institutions kwiloises fortes, et au service de tous », a-t-il déclaré. Trois communications ont été enregistrées au cours de cet atelier. M. Joachim Mundia Kima, président provincial de l’Union nationale de la presse du Congo (UNPC/Kwilu) a planché sur l’évaluation de la couverture médiatique des élections de 2018 et du travail de la presse indépendante depuis l’avènement de nouvelles institutions : leçons à tirer. Il a fait le diagnostic du travail des journalistes et des médias de Kwilu lors des échéances électorales de 2018. Il a estimé que les journalistes du Kwilu n’ont pas donné le meilleur d’eux-mêmes. Ils ont été attentistes et laxistes, cédant à la manipulation politicienne au lieu de travailler pour l’intérêt général. Il a aussi relevé les difficultés rencontrées par ces derniers durant la période électorale 2018, lesquelles sont liées notamment à l’accès aux sources d’informations et les moyens de déplacement. Comme projet d’avenir, il a émis le vœu de voir l’UNPC/Kwilu se doter d’un siège, d’un centre de presse, ainsi que des moyens conséquents pour organiser les ateliers de renforcement des capacités au profit des journalistes locaux et participer activement à l’action de revisitation des règles du métier.

  1. Zephyrin Muma Ngomuzeyi a parlé de l’impact des médias locaux sur le fonctionnement des institutions provinciales et le comportement des acteurs politiques de la province du Kwilu». Il a défini les médias locaux comme l’ensemble des moyens d’information du public, des organes de presse, journalistes, chroniqueurs, reporteurs, cameraman et responsables des rédactions, maisons de presses, radios, télévisions, presse écrite ou audio visuelles ou encore le média en ligne émettant à partir du lieu où l’on se trouve. Selon lui, les médias doivent garantir le respect des libertés de pensée, des idées, en aidant la population et les dirigeants à prendre des décisions réfléchies en vue de renforcer la démocratie et le respect des règles des jeux établies. Les médias du Kwilu peuvent aider à la stabilité des institutions et au maintien de l’ordre public, a-t-il martelé. Et de poursuivre que le 4ème pouvoir a un impact considérable sur le public, la gestion du pouvoir politique et la bonne gouvernance. De son côté, Placide Mukwa, président du cadre de concertation de la société civile de Kwilu, a entretenu l’assistance sur le Contrôle citoyen et l’apport des médias dans l’accompagnement de la population. Il a indiqué que le contrôle citoyen est un ensemble très large des mécanismes et actions qui permettent aux citoyens et aux organisations de la société civile d’obliger les acteurs politiques et les institutions à rendre comptes sur leur gestion publique, afin de favoriser la bonne gouvernance locale. M. Placide Mukwa a précisé que ce contrôle vise à informer, alerter, influencer ou réorienter l’action publique. Il vise alors à « renforcer le principe de bonne gouvernance. Il rappelle le devoir de transparence dans la gestion de la chose publique, afin d’aboutir à une action publique aussi efficace que légitime, en adéquation avec le cadre légal et les demandes de la population ». Ainsi, lorsque les citoyens s’engagent à en savoir plus sur la gestion de l’Etat, des collectivités publiques, ils participent à la manifestation de la démocratie et l’Etat de Droit, a-t-il renchérit.

Rôles des médias dans l’accompagnement de la population

Les médias locaux, en particulier la radio privée et la radio communautaire, sont un canal important par lequel les citoyens ordinaires peuvent exprimer leurs opinions et débattre des questions d’intérêt général. Dans un système peu démocratique et pas transparent, les médias ont pour rôle : de rechercher les informations qui intéressent la vie et le développement local, analyser l’information, rendre l’information accessible pour les bénéficiaires des services publics les plus pauvres, porter l’information à la population et diffuser l’information.

A l’issue de ces communications, les participants se sont scindés en deux groupes de travail. Le premier groupe a travaillé sur les stratégies pour la facilitation du contrôle citoyen par les médias du Kwilu et le second groupe a travaillé sur l’apport des médias du Kwilu dans le changement du comportement de la classe politique. Après un débat houleux, les recommandations suivantes ont été formulées : Créer des émissions interactives, respecter le Code d’éthique et de déontologie professionnelle, collaborer étroitement avec les décideurs, proposer des projets d’édits portant protection des journalistes au niveau provincial, renforcer régulièrement les capacités des journalistes, créer des médias en ligne et encourager le journalisme d’investigation.

Département de l’Information publique   

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