Décrispation dans le secteur médiatique : OLPA saisit le directeur de cabinet du Chef de l’Etat

Kinshasa, le 4 avril 2019. Dans une lettre adressée à M. Vital Kamerhe, directeur de cabinet du Chef de l’Etat,  l’Observatoire de la Liberté de la Presse en Afrique (OLPA) demande son implication personnelle pour la remise en liberté de Franck Elameji Watshilobo, journaliste en détention à la prison centrale de Kindu (Maniema) et la réhabilitation de Lelo Nzuzi, Syande Emaka et Benjamin Okakesema respectivement journaliste, cameraman et monteur à la Radio télévision nationale congolaise (RTNC/Kinshasa) révoqués par les dirigeants actuels de la chaîne publique de télévision.

Ci-dessous l’intégralité de la correspondance :    

Kinshasa, le 4 avril 2019

N/Réf : 139/CE/JAKM4/19

Transmis copie pour information

A Monsieur le Président du Conseil National de suivi de l’Accord  (CNSA)

 A Monsieur le Président du Bureau du Conseil Supérieur de l’Audiovisuel et de la Communication (CSAC)

 A Monsieur le Président de la Commission Nationale des Droits de l’Homme

Tous à Kinshasa/Gombe

 A Monsieur le Directeur de cabinet du Président de la République sis au Palais de la Nation à  Kinshasa/Gombe

Monsieur,

Concerne : demande d’intervention personnelle pour une décrispation totale dans le secteur médiatique

Le Comité exécutif de l’Observatoire de la Liberté de la Presse en Afrique (OLPA), organisation non gouvernementale de défense et de promotion de la liberté d’information basée à Kinshasa, vient par la présente auprès de votre haute Autorité pour ce repris en concerne.

Tout en saluant votre courageuse décision prise en date du 24 janvier 2019, ordonnant la réouverture immédiate et inconditionnelle des émissions de Nyota télévision, Radio Télévision Lubumbashi Jua et Radio la Voie du Katanga toutes émettant à Lubumbashi (Haut-Katanga), après plus de trois ans de fermeture illégale, OLPA sollicite votre implication personnelle pour une décrispation effective et complète dans le secteur des médias.

OLPA reste persuadé que vous ne ménagerez aucun effort pour demander aux dirigeants actuels de réhabiliter sans condition Lelo Nzuzi, Syande Emaka et Benjamin Okakesema respectivement journaliste, cameraman et monteur à la station publique de Radio télévision nationale congolaise (RTNC/Kinshasa).  Ils ont été révoqués, le 22 août 2018, dans la plus grande irrégularité par M. Ernest Kabila, directeur général de la RTNC pour avoir effectué un reportage, du reste non diffusé par le média public, sur une manifestation organisée par M. Elie Kapend, responsable du parti politique dénommé Front de libération nationale du Congo (FLNC) qui avait donné un ultimatum de cinq jours à M. Joseph Kabila, président honoraire de la RDC, pour quitter le pouvoir, annonçant le début d’une transition politique dirigée par lui-même avant la tenue des élections du 30 décembre 2018. Une déclaration qui avait occasionné son arrestation et sa détention au Centre Pénitentiaire et de Rééducation de Kinshasa (CPRK). Il a recouvré sa liberté, le 8 mars 2019 à la suite de la grâce présidentielle.

Depuis lors, les journalistes Lelo Nzuzi, Syande Emaka et Benjamin Okakesema ont été contraints au chômage alors que M. Elie Kapend a bénéficié des mesures de décrispation. Il est donc logique que ces journalistes soient réhabilités dans leurs fonctions.

OLPA attire également votre bienveillante attention sur la détention à la prison centrale de Kindu (Maniema) de Franck Elameji Watshilobo, ancien journaliste à Radio Télévision Kindu Maniema (RTKM), station privée émettant à Kindu (Maniema). Il a été condamné en appel à cinq ans d’emprisonnement par le Tribunal de grande instance de Kindu, le 19 octobre 2018, en violation de la loi, alors qu’au premier degré, le tribunal l’avait condamné à 6 mois d’emprisonnement pour imputations dommageables à l’endroit de M. Ngongo Luwowo, ex-sénateur et propriétaire de RTKM. Le seul tort du journaliste est d’avoir tenu un point de presse en décembre 2017 à Kindu, démentant les allégations d’attaques contre RTKM et la disparition du journaliste Mila Dipenge de RTKM.    De ce qui précède, Franck Elameji Watshilobo peut être considéré comme un prisonnier d’opinions et d’office bénéficiaire des mesures de décrispation politique prises par le Chef de l’Etat.

OLPA encourage votre Autorité à s’impliquer personnellement pour la réhabilitation des journalistes de la RTNC/ Kinshasa et la remise en liberté de Franck Elameji Watshilobo. Les membres de l’OLPA restent à votre entière disposition pour toute information utile sur le dénouement de ce dossier.

Dans l’espoir d’une suite favorable, OLPA vous prie d’agréer, Monsieur, l’expression de sa profonde gratitude.

Ce dont les membres du Comité exécutif de l’OLPA vous remercient vivement

Pour le Comité exécutif

Kabongo Mbuyi, Secrétaire Exécutif

 

 

 

Share

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*