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Isiro : les journalistes de Haut-Uélé s’auto-évaluent après les élections

La salle paroissiale Notre dame de l’Annonciation d’Isiro Tely a servi de cadre, le 24 janvier 2024, à un atelier sur l’évaluation de la couverture médiatique des élections par les médias de la province du Haut-Uélé. Une rencontre organisée par l’Observatoire de la Liberté de la Presse en Afrique (OLPA) dans la ville d’Isiro, chef-lieu de la province du Haut-Uélé. Dans son allocution d’ouverture, Pr. Raphaël-Marie Masoki Atambana, ministre provincial des Mines, hydrocarbures, Energie, Environnement, Communication et médias, a présenté ses félicitations au président Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo pour sa réélection à la tête du pays, lui souhaitant un fructueux second mandat et plein succès dans l’optique de l’unification, la sécurisation et de la prospérité de la République démocratique du Congo (RDC). Il a aussi salué les efforts de M. Christophe Baseane Nangaa, gouverneur du Haut-Uélé qui se préoccupe du développement, du désenclavement, de la sécurisation et de la garantie du bon climat des affaires en province du Haut-Uélé. Il a aussi salué l’initiative de l’OLPA d’organiser cette rencontre, car les professionnels des médias ont un rôle de premier plan à jouer dans l’accompagnement impartial et constructif du processus électoral en cours dans sa phase post-électorale, comme ils l’ont fait durant les phases pré-électorale et électorale. Raphael-Marie Masoki a aussi promis de suivre et d’assurer la mise en œuvre par toutes les parties prenantes des recommandations issues de cette rencontre.

 

 

 

 

 

 

 

Jules Drandema, secrétaire exécutif provincial de la Commission électorale nationale indépendante (CENI/Haut-Uélé) a jeté un regard critique sur la couverture médiatique des opérations électorales dans le Haut-Uélé. « Globalement, sur toute l’étendue de la province de Haut-Uélé, nous pouvons confirmer que les médias ont joué un rôle non négligeable. La presse a fait large écho du chronogramme des opérations de CENI et la population a été suffisamment informée de toutes les dates », a-t-il martelé. Et d’ajouter que grâce aux radios locales, les responsables locaux de CENI ont participé aux émissions pour fixer les masses sur les autres étapes du processus électoral. Les médias véritablement communautaires ont accordé l’espace aux candidats qui ont exposé leurs projets de société. Néanmoins, certains médias ont joué un rôle déroutant en publiant des faussetés sur les opérations électorales, mettant la CENI en difficulté. Les ressources limitées de certaines radios ont poussé celles-ci à réserver leur espace uniquement aux regroupements et partis politiques nantis. En outre, les réseaux sociaux ont créé un climat de méfiance entre acteurs politiques et animateurs de la centrale électorale. Il a appelé les autorités du pays à subventionner les médias communautaires à cause de leur contribution dans l’évolution de la démocratie et leur renforcement du quatrième pouvoir. CENI devra aussi arracher une ligne budgétaire importante dans le cadre de la sensibilisation via les médias.

 

 

 

 

 

Etats généraux des médias du Haut-Uélé  

Lors de sa communication sur l’accompagnement de la presse locale par les autorités provinciales du Haut-Uélé, Pr. Raphaël-Marie Masoki Atambana a précisé qu’au niveau national, les médias sont un partenaire privilégié des autorités centrales. Dans le programme d’actions du gouvernement provincial du Haut-Uélé, la presse y est inscrite en lettre de noblesse. Plusieurs actes ont été posés dans le cadre du renforcement des capacités opérationnelles de la presse. Le média d’Etat RTNC (Radio-télévision nationale congolaise) a été doté d’un nouveau bâtiment au centre-ville d’Isiro et sera bientôt inauguré et équipé. Un véhicule Land Cruiser a été remis à ce média et il y a un accompagnement en termes de carburant. Le gouvernement provincial intervient également pour d’autres médias et un cadre de travail a été offert aux journalistes dans l’enceinte du gouvernorat. Tous les médias sont associés à couvrir les activités d’intérêt public et accèdent aux sources d’information publique locale. Le ministre provincial n’a pas enregistré des plaintes en termes de violation de la liberté de presse dans le Haut-Uélé. Il y a trois mois, le ministère a piloté un travail de répertorier tous les médias qui fonctionnent au niveau provincial. La liste devra être actualisée. Il a annoncé la tenue des états généraux des médias au niveau provincial dans les prochains jours. Ces assises permettront de connaître les médias qui fonctionnent conformément à la loi, les forces et les faiblesses de différents organes de presse ainsi que les opportunités et menaces. Et toutes les parties prenantes y participeront pour renforcer les capacités des journalistes afin qu’ils travaillent avec un sens élevé de professionnalisme. Durant la campagne, il y a eu des professionnels des médias qui ont été instrumentalisés et n’ont pas respecté le code d’éthique et de déontologie. Plusieurs dérapages ont été enregistrés, notamment des interventions des acteurs politiques qui voulaient mettre le feu à la case pour compromettre toutes les réalisations du gouvernement provincial. L’argent ne doit pas être une valeur absolue pour les médias. Il y a des valeurs à respecter, a-t-il insisté. Il a rappelé que le média est un outil au service de l’intérêt général, du développement et de la cohésion. Le gouvernement provincial doit continuer à accompagner les médias en les équipant, en renforçant leurs capacités. Ce pays nous appartient tous et nous devons consolider l’unité, la paix, la démocratie, les droits de l’homme, et la dignité des personnes, a-t-il conseillé. A l’issue des échanges au cours de cet atelier, une feuille de route sera dégagée pour renouveler les engagements afin que les médias du Haut-Uélé soient véritablement un facteur de cohésion, d’unité et de développement.

 

 

 

 

 

 

 

Pascal Alangato Anga, 1erVice-président de l’Union nationale de la presse du Congo (UNPC), section Haut-Uélé, a articulé son intervention sur l’historique des radios dans cette province, le journaliste et son média, les élections au journalisme. Selon ce représentant de l’UNPC, cette partie du pays est entrée dans le monde médiatique depuis les années 2000 avec l’avènement du RCD/KML de Mbusa Nyamuisi. Elle portait le nom de Radio Lisanga. Une chaîne qui a connu de mutation jusqu’en 2016 avec le démembrement de la province orientale. Le Commissaire spécial Célestin Bondomiso va déménager le matériel radiophonique du poste du centre-ville jusqu’à Magambe pour être baptisée aujourd’hui RTNC Isiro.    Ensuite viendront la radio catholique Boboto, Racor Nava, Espoir Uélé, RTK, Jambo FM, Voix de l’Uélé et la dernière Beco Fm Tv qui n’a duré qu’un mois une semaine et un jour. Il a rappelé les obligations d’un journaliste et la qualité d’un bon média. Il a indiqué que le journaliste a abattu un travail de titan durant ce cycle électoral en prêtant son micro à tout le monde sans parti pris. Avant les élections, l’UNPC Haut-Uélé a noté avec satisfaction les différentes activités journalistiques liées à la sensibilisation. Ils ont organisé des émissions, des reportages sur l’identification des électeurs, les profils des candidats, etc. Le dispositif électronique de vote a été expliqué sur les ondes à Watsa, Dungu, Niangara, Wamba. Mais Rungu a eu de petits soucis.  Pendant les élections, les hommes et femmes des médias ont fait preuve de patriotisme par une couverture médiatique totale du scrutin. Après le scrutin, la presse du Haut-Uélé a invité la population à la retenue pour consolider la paix chèrement acquise et promouvoir le développement du milieu. Quelques irrégularités ont été aussi relevées sur le manque de cohésion dans la tarification, le déséquilibre dans le traitement des médias locaux et d’ailleurs et la faiblesse de l’UNPC à défendre certains de ses membres en difficulté ailleurs faute de financement.

 

 

 

 

 

Après les communications, les participants se sont scindés en groupe de travail et ont proposé des recommandations. L’atelier s’est clôturé par une remise des brevets aux participants.

 

Département de l’Information publique OLPA

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