Kongo Central : les journalistes outillés sur leur rôle dans la consolidation des institutions efficaces et transparences en RDC

OLPA a organisé, le 6 mars 2020, un atelier sur le rôle des médias du Kongo Central dans la consolidation des institutions transparentes et efficaces en RDC à l’intention des journalistes de Matadi, chef-lieu de la province du Kongo Central. Une rencontre qui a eu lieu  à la salle Marie Mathie située au quartier Ville haute, dans la commune de Matadi. Une quarantaine des journalistes ont pris part à ces assises. Dans son mot de bienvenue, Nathalie-Trésor Mukundi, chercheure à OLPA a tenu à rappeler que l’organisation met en œuvre un projet sur le renforcement des capacités des médias indépendants en République démocratique du Congo (RDC) soutenu par la Fondation nationale pour la démocratie (NED) à qui elle a réitéré les remerciements de la délégation de l’OLPA à Matadi. Elle a également expliqué la mission essentielle de l’OLPA ainsi que le contexte dans lequel se tient cet atelier et les attentes des uns et des autres

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Dans son allocution d’ouverture, M. Nkoko Zola, représentant du ministre provincial ad interim en charge des médias au Kongo Central a remercié l’ONG OLPA pour avoir choisi sa province pour l’organisation de cette activité. Il a estimé que cette activité est plus qu’interpellateur car les professionnels du micro, les chasseurs d’images et les chevaliers de la plume réunis ont la lourde responsabilité de contribuer à la consolidation des institutions issues des élections pour qu’elles soient fortes et travaillent dans l’intérêt de tous. « Mon Ministère suivra avec beaucoup d’attention les recommandations issues de cet atelier pour accompagner leur matérialisation », a-t-il indiqué.

Lors de sa communication axée sur l’évaluation de la couverture médiatique de dernières élections par la presse du Kongo Central : leçons à tirer, M. Dieudonné Muaka Dimbi, président provincial de l’Union nationale de la presse du Congo (UNPC/Kongo Central) a expliqué que la presse du Kongo Central avait enregistré quelques dérapages pendant la période de la précampagne et pendant la campagne électorale qui n’avaient pas du tout connu d’engouement dans cette province comparativement aux élections des années 2006 et 2011. L’orateur a indiqué que les organisations professionnelles locales les plus actives, à l’occurrence le CSAC (Conseil supérieur de l’audiovisuel et de la communication) et l’UNPC, par manque des moyens financiers, avaient jugé bon de désigner des points focaux à traves tous les coins de la province et grâce à cette organisation mise sur pied en interne, toutes les informations liées aux élections leur parvenaient en temps réel.

Quelques dérapages enregistrés

Lors de dernières élections de 2018, beaucoup des dérapages ont été enregistrés par la presse du Kongo Central entre autres : la prestation des journalistes candidats aux élections au sein de leurs médias respectifs, la prestation des journalistes transformés en propagandistes des candidats, la création sans signalement au CSAC des espaces de communication politique dans certaines chaînes, la diffusion des émissions politiques non équilibrées, la monopolisation de certains médias par des candidats…

Concluant son exposé, Mwaka Dimbi a émis le vœu de voir les médias du Kongo Central libres, sérieux et digne de confiance lors des échéances futures.

La deuxième communication est celle de M. Jean-Claude Longo, coordonateur de la société civile à Matadi sur le contrôle citoyen au Kongo Central : apport des médias dans l’accompagnement de la population. L’orateur a défini le contrôle citoyen comme étant une vérification attentive et/ou minutieuse de la régularité des actes des membres d’un état considéré du point de  vu de ses devoirs et de ses droits politiques. Ce contrôle citoyen est effectué par les autorités politico-administratives, la société civile et la population. Le contrôle citoyen a une contrainte statu quo un peu positive de la part de la société civile qui fait pression aux autorités pour l’éradication des anti-valeurs dans cette province.  Les médias du Kongo Central ne remplissent pas bien leur mission d’informer la population en matière de l’éducation civique. Il a conclu en invitant les journalistes à bien jouer leurs rôles d’informer et d’accompagner la population au contrôle citoyen pour un développement plus durable de la province.

André Nsumbu Nzadi, acteur politique a, de son coté exposé sur le rôle des médias du Kongo Central dans le changement de comportement de la classe politique congolaise après l’alternance. Il a rappelé les participants quelques articles du code d’éthique et de déontologie du journaliste congolais. « C’est par l’information et la formation des citoyens que les médias contribueront largement au changement des mentalités de l’homme politique et des citoyens », a-t-il renchérit. La situation des médias est presque restée la même qu’avant l’alternance. De ce fait, ils doivent être au service de la paix et recréer les politiques et les citoyens. Depuis l’alternance politique que le pays a connue, il y a un nouveau phénomène dans le secteur médiatique au Kongo Central marqué par la présence de beaucoup des gens qui se disent journalistes mais dont la prestation reste à désirer. Les médias doivent être complices en influençant positivement les rencontres et la production pacifique des citoyens et des opérateurs politiques en vue de changer les mentalités pour une province respectée et respectueuse.

A l’issue des communications, les participants se sont scindés en deux groupes de travail. Le premier groupe a travaillé sur les stratégies pour la facilitation du contrôle citoyen par les médias du Kongo Central et le second groupe a travaillé sur l’apport des médias dans le changement de comportement de la classe politique congolaise. Les recommandations suivantes ont été formulées :

Travailler en étroite collaboration avec la société civile, initier des émissions de tribune d’expression populaire, sensibiliser la population sur le contrôle citoyen, initier des reportages d’investigations, produire des émissions à caractère civique et morale, travailler dans l’intégrité, avoir le patriotisme, avoir la rigueur face à l’impunité et au comportement des politiciens,    mettre fin au culte de personnalité, promouvoir la méritocratie et l’esprit de faire play, respecter les textes, éviter d’être partisan et de ne pas céder aux trafics d’influences.

Département de l’Information publique

 

 

 

 

 

 

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